Version imprimable Ecrire une nouvelle

Gare à la chute & autres considérations d'Ahmed Kalouaz

Note : 3.8/5 (5 notes)

Voilà un très beau texte qu'Ahmed Kalouaz vient d'écrire pour toi.

Je mets en gras, certaines idées.
"Certains vous diront, pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Mais alors, il faudrait se résigner au silence, à ne plus laisser les mots se promener.
Une nouvelle, ce sont trois lignes lancées sur le papier, une idée cueillie au vol et que l'on a gardée bien au chaud pour l'hiver. Cela deviendra un titre, un début, le fil conducteur, si l'on prend garde à ne pas se laisser emporter par son élan, ne pas s'étendre. La nouvelle est un texte court, gare à l'obésité, gare à la chute. Oui, la chute, l'endroit qu'il faut atteindre sans être tombé avant, comme la ligne d'arrivée au bout de la ligne droite.
Il y a des chutes faciles. Le mort que l'on n'attend pas, la mort cachée derrière une porte, celles qui sortent d'un rêve, les fins toutes trouvées avec de grosses ficelles. La nouvelle, c'est une alchimie faite de formules brillantes, de fausses pistes, une respiration parfois lente, qui rythme le récit. Empreinte de mystère, mais aussi d'erreurs à éviter, de rituels. Dans cet univers du court, il y a les maîtres, Raymond Carver, Annie Saumont, Didier Daeninckx, chacun dans son registre. Dans cette corporation de sprinters, on parle souvent de papes ou de papesses, telle Alice Munro, prix nobel il y a quelques années.

Mais l'essentiel est comme dans la marche ou la course à pied, de trouver son souffle, le bon battement du coeur. Pas de prosternations inutiles, d'idoles à imiter, d'odes aux seigneurs. Chacun sa route, et pourquoi pas, osons le mot, son style. Ce fameux style que l'on peut nommer plus vulgairement "la patte". Mais l'essentiel est toujours d'aller au bout du texte à force de travail. Faire jongler les virgules, soupeser une phrase, retravailler encore pour atteindre ce qui pourrait être le point d'équilibre.
Et si, finalement, la meilleure nouvelle, ne serait pas d'avoir simplement l'envie d'écrire. De s'essayer à l'écriture, pour devenir, à force de transhumance, le berger des mots, celui qui a osé affronter le troupeau des voyelles et des consonnes.
Se dire aussi au fond de soi, qu'une nouvelle apporte parfois une part de bonheur."

*****

Voilà un texte très inspiré par le sport. Normal, Ahmed a été un très bon coureur. J'espère qu'il t'inspirera pour écrire la meilleure nouvelle.



Version imprimable Ecrire une bonne nouvelle

Conseils d'Isabelle Collombat ou l'art de la pâte à pizza

Note : 3.3/5 (15 notes)

Pour Isabelle Collombat difficile d'expliquer aux autres comment ils doivent s'y prendre. Elle n'a pas de recette ou de secret à délivrer... et pourtant dès qu'elle est lancée, elle partage volontiers quelques bons conseils.
Lis plutôt (je mets en gras ce qui me semble important).


"L'écriture, c'est plutôt l'art de la débrouille, un artisanat, une étrange domestication de soi-même, un état de concentration pour tenter de trouver, à force de travail, les mots. Et en même temps, il faut savoir se montrer ouvert et réceptif.


Patient, opiniâtre et endurant. Ecrire, réécrire, lutter contre le découragement, s'y remettre et recommencer, relire, reprendre le texte, reconstruire l'histoire.

J'ai lu qu'Alice Munro, écrivaine canadienne, prix nobel de littérature en 2013 a choisi d'écrie des nouvelles faute de temps. Jeune femme active et mère de famille à la fin des années soixante, elle a considéré qu'elle n'aurait jamais pu s'atteler à des textes longs qui aureint exigé de sa part un trop grand engagement. Si je comprends parfaitement Alice Munro, puisque je suis dans le même genre de situation, je pense que les textes courts exigent aussi beaucoup de travail et prennent du temps. Parfois, des textes de quelques pages demandent plusieurs mois, plusieurs années de travail car chaque mot compte. Encore plus que dans le roman.


Lors de mes rencontres dans des lycées, j'explique souvent ce qu'est pour moi
le principe de la pâte à pizza
Il faut, pour comprendre, avoir déjà fabriqué une pizza sans acheter la pâte déjà toute faite ! Bref, pour faire une bonne pâte à pizza, il faut de la farine, de la levure, de l'eau, un peu de sel et parfois aussi un peu d'huile d'olives. On délaye la levure dans l'eau, on mélange le tout, on pétrit avec énergie et on obtient une boule de pâte qu'on laisse reposer. Au bout d'un certain temps, au moins une heure, on reprend sa pâte, elle a bien gonflé. On peut alors la travailler au rouleau à pâtisserie, l'étaler et la garnir.

Un texte, c'est pareil. Il faut le faire reposer, le faire gonfler, sauf que ça prend un peu plus d'une heure, même s'il est court.
C'est un phénomène étrange que j'ai découvert au fil du temps. J'ai commencé à écrire avec des nourissons, puis des petits enfants dans les bras. Tout en adorant m'occuper d'eux, je regrettais de ne pas avoir plus de temps pour écrire. Dix ans plus tard, je manque toujours de temps, mais j'ai compris que, même lorsque je n'écris pas, mon histoire continue à vivre en moi et que, même si je ne suis pas derrière mon ordinateur, le processus ne s'interrompt pas.



Au contraire, tout ce temps passé sans écrire nourrit mon travail. Et quand je peux à nouveau écrire et que je relis mon travail, je le regarde différemment, avec un oeil qui n'est plus le même, qui a pris de la distance. Je peux reprendre mon texte. Mot par mot. Entendre en le lisant que la musique qui s'en dégage est pleine de fausses notes ou qu'elle ne me plaît pas. Alors, je recommence.

Et je me repose la seule question qui vaille : Qu'ai-je vraiment envie de raconter ?
En lisant les nouvelles des jeunes lauréats du concours de nouvelles 15-20 ans, je me suis souvenue qu'en débutant, je me laissait souvent embarqué par mon plaisir d'écrire. J'aimais la sonorité des mots, oubliant, souvent, que je devais aussi raconter une histoire. Pour moi parler d'un personnage et de ce qui lui arrive, c'est penser au concret de sa vie, aux minuscules choses de son existence. Bref, c'est se mettre à sa place."


Voilà quelques très bons conseils : Travailler et retravailler le texte sans relâche, puis laisser reposer cette histoire (comme une pâte à pizza) pour mieux y revenir.
Et ne pas oublier de se mettre dans la peau des personnages ! Essentiel.

Bon courage si tu te lances dans l'écriture.



Version imprimable 3 conseils de Murielle Szac

Les qualités d'une bonne nouvelle ?

Note : 2.8/5 (36 notes)

Murielle Szac était avec nous lors de la remise des prix de la 7ème édition.
Elle nous donne 3 très bons conseils :
La vraisemblance
Quand je lis une nouvelle, j'ai besoin de croire absolument à ce que je lis. Il faut donc que l'auteur soigne la vraisemblance de ce qu'il me raconte. C'est court, on doit entrer tout de suite avec le personnage et ne plus le lâcher, mais le moindre faux pas, la moindre incohérence et patatras, le charme est rompu.
Quand j'écris une nouvelle, je veille soigneusement à cette authenticité là. J'ai été frappée lorsque j'ai lu les nouvelles du concours par la richesse des styles et des écritures, par la profondeur de certains univers et la qualité des scénarios, qui étaient souvent gâchée par de grosses incohérences surgies brutalement.
Donc si j’ai un conseil à donner c’est de veiller à ce que tout ce que vous racontez soit juste possible. On ne vous demande pas que ce que vous racontiez soit vrai, mais que ce soit vraisemblable. On doit pouvoir y croire.
La chute
Pour ma part, une bonne nouvelle doit me surprendre, si possible dans sa dernière phrase. Les nouvelles sans chutes me laissent sur ma faim, et me donnent l’impression d’être des romans avortés. Comme si leur auteur s’était arrêté par manque de temps ou de courage pour poursuivre. Une nouvelle bien ficelée se suffit à elle-même, on ne reste pas sur sa faim, on ne l’imagine pas plus longue, et on ne s’attend pas à sa fin…

Le rythme
À la différence du roman qui peut prendre son temps, la nouvelle doit être nerveuse, efficace et doit trouver son rythme dès le début. On a peu de mots pour camper un personnage, une situation, et c’est une musique rapide que j’attends. Attrapez-moi au premier mot, et lâchez-moi au dernier !


Nul doute que ces 3 points devraient t'aider à porter un regard extérieur sur ta nouvelle.

Bon courage et surtout noublie pas
les trucs de pro, c'est plus souvent des conseils pour améliorer
l'efficacité d'une nouvelle que des recettes à appliquer consciencieusement.
Ecris d'abord sans t'autocensurer.



Version imprimable Conseils d'auteur : Christian Watremez

Comment aborder l'écriture...

Note : 3.1/5 (61 notes)


Christian Watremez* est un auteur romanais de nouvelles. Mercredi 15 octobre 2014, il a rencontré 5 jeunes à la médiathèque Simone de Beauvoir pour partager son expérience d'écriture.
Tu peux lire ci-dessous quelques conseils et reflexions tirés de cette rencontre :

L'important est de finir en beauté ! D'où l'importance de la chute dans la réussite d'une nouvelle.
Une nouvelle doit ménager un suspens, la tension monte jusqu'à la chute.

Il faut avoir des émotions pour écrire. Avoir des émotions en écrivant.
"On écrit ce qu'on est"
Dans l'écriture, il y a
aussi un bonheur à se sentir tout-puissant.

Concrètement pour l'écriture, il ne faut pas viser trop loin "sujet-verbe-complément" permet de raconter de très bonnes histoires, et surtout veiller à la cohérence des phrases.

Pour s'assurer de la réussite de son texte un truc (qui était aussi celui de Flaubert avec son fameux "gueuloir") : lire sa nouvelle à haute voix !!! Imparable.

Ces quelques points permettent de savoir si l'on est sur la bonne voie. Pas de recette miracle, mais l'attention à l'un ou l'autre de ces détails peut faire la différence.
Bonne chance


*Pour info : Christian Watremez a été membre du jury lors de la 6ème édition du concours de nouvelles 15-20 ans."



Version imprimable Une nouvelle définition

tirée du livre "J'écris des nouvelles..."

Note : 3.2/5 (33 notes)

Dans la première partie de son livre "J'écris des nouvelles et des contes" Louis Timbal-Duclaux présente les 6 caractéristiques de la nouvelle.

Voici les 3 premiers points :

1. La nouvelle est d'abord une histoire
un récit court, "assez court pour être lu d'une seule traite" disait Edgar Poe

2. la nouvelle raconte une histoire et non pas plusieurs

La nouvelle est centrée sur un et un seul personnage. Bien entendu d'autres personnages peuvent graviter autour de lui, mais la focalisation doit se maintenir sur lui.

3. La nouvelle raconte l'histoire de quelqu'un
La nouvelle est dynamique : elle décrit l'évolution d'un personnage entre une situation de départ et une situation d'arrivée [...]. L'auteur est obligé de situer son action a un moment de crise : à un "tournant de la vie".
Le nouvelliste, comme le dramaturge, devra centrer son récit sur ce moment-clé et résumer tout le reste en quelques lignes ou même see borner à le suggérer.
En ceci, la nouvelle est voisine du théâtre et même du théâtre classique français avec sa règle des 3 unités : unité de temps, unité de lieu, unité d'action.
Comme dit Edgar Poe, la nouvelle doit produire sur le lecteur "un seul et unique effet".

4. La nouvelle raconte un évènement qui affecte la vie du héros
La nouvelle s'ouvre sur la description d'une situation heureuse ou malheureuse, qui dure depuis un certain temps. Et puis survient un événement qui va bouleverser cette situation [...]. Quand on pense à ce type d'événement qui peut changer la vie, le premier réflexe est de le concevoir grave : un crime, un accident...[...] Au contraire, la nouvelle moderne [...] met souvent en scène un événement qui, à première vue, peut paraître banal ou insignifiant, mais qui, subjectivement, va avoir une conséquence décisive sur la vie du héros.

5. [...] La densité, principe d'unité totale des parties et du tout
[...] la nouvelle doit aller droit au but et ne peut se permettre aucune digression, même intéressante. Tout, dans la nouvelle, doit concourir au but et à un seul but : le sujet, le personnage, son entourage, les décors, les descriptions, les dialogues, le scénario. [...]

6. La nouvelle se différencie du conte
[...] la nouvelle est à l'inverse un genre réaliste qui doit être fortement ancré dans un lieu et une époque [...] C'est grâce à cet "effet de réel" que nous entrons vite et bien dans ce texte court...



Version imprimable La nouvelle selon Jean-Claude Mourlevat

Y a pas de recette !

Note : 2.8/5 (53 notes)


Jean-Claude Mourlevat ne connait pas de recette pour faire une bonne nouvelle. Lui-même d'ailleurs est le premier étonné par sa propre écriture. Pas contre un certain état d'esprit semble nécessaire pour envisager l'écriture d'une nouvelle (ou d'un roman) :

Ecrire une nouvelle, c'est faire le pari de laisser une trace dans la mémoire du lecteur
en peu de mots, un peu comme le fait une bonne chanson.

J'apprécie qu'on me raconte une histoire sans me livrer en même temps l'explication qui va avec, je veux dire que je n'ai pas besoin du lourd décryptage psychologique.

Je ne suis pas un inconditionnel de la célèbre "chute".
Je refuse de me soumettre à sa tyrannie !
Je préfère une belle atmosphère.

L'auteur doit faire passer dans son texte sa singularité.

Et surtout, l'essentiel est que ce soit ... intéressant, qu'importe la forme ! Mais ça c'est un autre histoire. ça reste un mystère, même pour moi, et c'est tant mieux je crois.

Voilà en quelques mots le message que Jean-Claude Mourlevat adressait au public présent à la remise des prix.
Quelques jours avant, lors d'une rencontre avec des lycéens, ils expliquaient comment il écrivait : "Sans plan, sans imaginer la fin". L'histoire se construit au fil des péripéties, en écrivant.



Version imprimable Une nouvelle, qu'est-ce que c'est ?

Cette définition date, mais elle n'a pas pris une ride

Note : 4/5 (687 notes)

On en parle, on en parle, mais qu'est-ce qu'une nouvelle ? Comment la reconnaître ?
Je remonte ce billet qui déchaine les passions et à l'air d'intéresser tout le monde.

La nouvelle est un récit court.
Parce que c'est une histoire, la nouvelle n'est pas un discours (où l'on expose ses idées) ou une fable, l'objet de la nouvelle n'est pas de nous instruire, de nous donner une leçon.
Ce n'est pas un conte, pas de "Il était une fois" qui nous envoie dans un monde enfantin. Une nouvelle est une histoire qui passe pour vraie. Même si c'est de la science-fiction ou du fantastique, on doit pouvoir y croire.

La nouvelle tourne autour d'un événement, avec peu de personnages. 
Parce qu'elle est concentrée, la nouvelle ne raconte pas en détail la vie d'un héros, d'une société sur une longue période (contrairement au roman).

La nouvelle a une fin.
Parce qu'elle cherche à surprendre, ce n'est pas l'épisode d'une aventure. Elle doit surprendre ou interroger le lecteur avant la fin. La fin d'un nouvelle peut être une chute ou laisser du mystère, mais elle clôt l'événement, le sujet. L'objectif est atteint.



Version imprimable Comment améliorer une nouvelle et choisir son titre ?

Entretien avec Colin Thibert (2nde partie)

Note : 3.7/5 (14 notes)




Colin Thibert, merci pour toutes les réponses que tu as déjà données sur les secrets de fabrication de tes nouvelles. Il reste encore 2 mystères à élucider : Quel défaut faut-il éviter absolument dans l'écriture d'une nouvelle ? Comment choisis-tu le titre d'un récit ?

(2ème partie de l'entretien)


Hormis la "concordance des temps" à laquelle tu attaches beaucoup d'importance...
Y a-t-il sur le fond un défaut qui se retrouve souvent et qu'il faudrait éviter ?

Non, je ne vois pas... Une certaine maladresse dans les dialogues et dans les indications genre "Untel dit… Untel réplique… etc". Mais ça n'est pas facile à manier, même pour des écrivains confirmés !
Il y a, mais c'est peu de chose, la manie de beaucoup de jeune auteurs de situer leurs histoires aux USA où, généralement ils n'ont jamais mis les pieds... Dans les gagnants de ce concours, il n'y en a qu'une qui l'ait fait ("La forêt") dans les nouvelles du concours que je présidais l'an dernier, il y en avait trois ! Je sais d'où ça vient, c'est parce que ces jeunes sont souvent nourris de littérature et de séries américaines. Ce n'est pas un mal d'ailleurs, mais parler d'endroits que l'on ne connaît pas (sauf exception) c'est un peu sot. Mieux vaut décrire ou situer ce que l'on connaît. Ça sonnera moins artificiel.

Comment choisis-tu le titre d'une nouvelle ?

C'est volontiers problématique. S'il ne surgit pas en cours d'écriture, c'est l'objet de longues réflexions ! Dans la mesure du possible, j'essaie que ce soit un peu "choc" ou "provoc" comme par exemple "Tirez sur l'ambulance". "Défense d'inhumer", c'est un simple détournement, "Marie à tout prix" jouait évidemment sur le titre de cette comédie américaine d'un mauvais goût réjouissant, avec la délicieuse Cameron Diaz, que j'aime bien, ça donne le ton tout de suite. "Arrêté de péril" c'est le terme administratif, le mot "péril" est fort, il suggère une histoire inquiétante..."Sardanapale", c'est au contraire mystérieux : qu'est-ce qui se cache derrière ce nom oriental... "Avec ou sans chauffeur" ce n'est pas ce que j'ai trouvé de plus réussi ! Idem pour "l'acteur idéal"... "La vengeance du cannibale", en revanche, c'est fort et violent et l'allusion est dans le texte lui-même, quant à "Fins limiers", j'en suis assez content parce qu'il joue sur le double sens de limier, il dévoile ce que l'on ne découvre qu'après un moment de lecture. "Le clou" est abrupt et ne dit pas grand chose, mais je ne pouvais pas dévoiler ce qui se cachait derrière ce début innocent... Voilà, ça marche à peu près comme ça avec des hauts et des bas. Détail amusant, quand j'ai écrit "le bâtard de l'espace", je l'ai entendu au sens premier, celui d'enfant illégitime, pas du tout comme l'insulte dont se servent les jeunes ! Ils croient tous que c'est un gros mot et trouvent gonflé que je m'en sois servi pour le titre du recueil.

Merci encore. On attend maintenant avec impatience de découvrir tes prochaines nouvelles.



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